Plus de 40 000 véhicules des forces de l’ordre convertis au superéthanol E85
Une mesure d’économie… menacée par une possible hausse de la fiscalité
L’État accélère sa stratégie de réduction des coûts et d’impact environnemental pour les administrations. Après deux ans d’expérimentation dans la Gendarmerie, plus de 40 000 véhicules de police, gendarmerie et douane seront progressivement équipés d’un boîtier de conversion au superéthanol E85. Une évolution majeure pour le parc roulant des forces de sécurité intérieure, qui pourrait toutefois perdre une partie de son intérêt économique en cas de hausse des taxes sur le bioéthanol.
Une mesure issue d’une expérimentation menée en Gendarmerie
En août 2024, le ministère de l’Intérieur lançait un appel d’offres national pour équiper les véhicules essence d’un dispositif de bicarburation essence/bioéthanol. Une décision fondée sur les résultats d’une expérimentation conduite durant deux ans sur une trentaine de véhicules de Gendarmerie en région PACA.
Le constat était sans ambiguïté : rouler à l’E85 réduit les émissions polluantes et entraîne un coût au kilomètre nettement inférieur à celui du sans-plomb. À ce jour, le litre d’E85 s’affiche autour de 0,74 €, contre un prix plancher d’environ 1,70 € pour le SP95-E10.
FlexFuel décroche un marché stratégique
C’est la société FlexFuel, spécialisée dans les boîtiers de conversion, qui a été retenue pour équiper les véhicules des forces de l’ordre. Le marché prévoit l’installation de 40 200 kits sur quatre ans, avec une option pouvant porter ce volume à 53 900 véhicules.
Selon l’entreprise, les économies réalisées pourraient atteindre 698 € par an pour un véhicule parcourant 13 000 km, et jusqu’à 1 074 € pour 20 000 km. FlexFuel met également en avant le bilan environnemental du bioéthanol produit en France, principalement à partir de betteraves sucrières : jusqu’à 50 % de CO₂ en moins et 90 % de particules fines en moins, d’après leurs estimations.
Une économie potentielle fragilisée par les débats budgétaires
Si le gain économique semble conséquent, il pourrait être atténué par une disposition actuellement discutée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026. Le gouvernement cherche à réduire les dépenses mais aussi à augmenter certaines recettes fiscales. Parmi les pistes étudiées figure un relèvement de la taxe sur les biocarburants.
Selon Bioéthanol France, le syndicat représentant les producteurs d’alcool agricole, une telle mesure pourrait faire grimper le prix du litre d’E85 à environ 1,15 € d’ici 2028. À ce stade, aucune décision n’est actée, les débats parlementaires étant toujours en cours.